«Après le règne de François Mitterrand, marqué par la corruption des hommes et l’avilissement des moeurs de la République, comme des millions de Français j’avais vu en Jacques Chirac et sa majorité de droite les possibles sauveurs d’une France affaiblie, si ce n’est déshonorée par tant de vilenies.
En France, les allées du pouvoir seraient-elles la propriété du diable ? Aujourd’hui, rien n’a changé et pire encore ! -tout s’est aggravé, le chef de l’État s’étant perdu de réputation dans la tourbe des “‘affaires’”. Voir son nom régulièrement cité dans les cabinets des juges d’instruction et les prétoires ne le trouble guère.
Moi, si ! Cocu, certes, mais pas content !
Mystère d’une justice atteinte d’une conjonctivite aiguë… quand il lui faut braquer son regard sur le premier magistrat de France.
Alors, disons la vérité : tout aura été fait pour sauver le Président Jacques Chirac, chef des armées, preux général qui abandonne ses hommes de l’ombre sur le champ de bataille et se met aux abris… pendant qu’ils passent sous la mitraille.
Trop, c’est trop !
L’heure est enfin venue d’ouvrir, un à un, les dossiers noirs des années Chirac. Et de montrer comment ce clone de François Mitterrand a dépassé son maître.»
Journaliste et écrivain, Jean Montaldo a notamment collaboré à Paris-Match et au Figaro Magazine. Tous ses ouvrages ont été des best-sellers en librairie et notamment, Les finances du PCF, Les Secrets de la banque soviétique en France, Mitterrand et les 40 voleurs…, Rendez l’Argent !, Le gang du cancer ou Les voyous de la République- Carnets secrets 1, Le marché au voleurs, tous publiés aux éditions Albin Michel.
Extrait du livre :
À l’heure où j’écris ces lignes, un seul homme d’État, le pape Benoît XVI, a le courage de prêcher (dans le désert) contre «la corruption qui ravage le monde actuel». Juste diagnostic, curieusement absent des programmes et discours politiques de la France, «fille aînée de l’Église». Sauf en période électorale, quand il faut grappiller des voix, à la manière de César dévoyant les aspirations du peuple de Rome en lui offrant «du pain et des jeux».
Au fur et à mesure du temps qui passe, les témoignages reçus, les procédures qui encombrent les cabinets des juges d’instruction et les tribunaux, les dossiers empilés dans les rayonnages de mes archives, me donnent le spectacle d’une France à l’agonie, d’une République non plus seulement bananière mais fromagère.
Douze années durant, le président Chirac se sera employé à avilir la plus haute fonction de l’État dans de sordides «affaires». Avec le soulagement de toujours s’en tirer la tête haute et avec la volonté chevillée au corps d’échapper à nos juges… contraints, eux, de se rabattre sur ses premiers et seconds couteaux, ses personnels de maison, infatigables acteurs de réseaux spécialisés dans l’enrichissement frauduleux : chefs et sous-chefs du gouvernement ; ministres ; parlementaires ; élus et hauts fonctionnaires dévoyés ; divers professionnels de l’arnaque recrutés dans toutes les sphères du monde politique, économique et des affaires.
Ne rien faire, tout laisser passer sans rien dire n’est plus possible. La vérité est là, insupportable : Jacques Chirac n’est plus que le commandant de bord d’une monstrueuse machine à tromper et corrompre. Vaille que vaille, notre société est ainsi conduite sur les chemins de la décadence.
Jacques Chirac et les 40 menteurs, Jean Montaldo, éditions Albin Michel, 2006