Le blog d'Arnaud de Brienne

Petits antidotes contre la pensée unique et pour la prévention du Sida mental

Archive for novembre 2009

Giscard-Chirac, un couple de grands nuisibles

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couplegiscardchiracVoici un livre à ne pas manquer. Que la droite et la gauche aient été calamiteuses dans la gestion du pays ces quatre dernières décennies, il ne devrait plus rester grand monde pour le contester.

Mais l’un des nombreux mérites du nouveau livre d’Yves-Marie Laulan est de souligner le basculement politique qui va suivre l’élection de Valéry Giscard d’Estaing.

Dans Le Couple Giscard-Chirac, Yves-Marie Laulan identifie ainsi les quatre principales mesures qu’il juge « adoptées à la légère au nom de la “modernité” et sans aucune vision de leurs funestes conséquences à long terme — car elles ont profondément et durablement provoqué le déclin de la France. Toutes ont été prises entre 1974 et 1976, lorsque Valéry Giscard d’Estaing était président de la République.

Le verdict d’Yves-Marie Laulan est sans appel. Le voici :

* la loi Veil et la dégradation de la politique familiale qui l’a accompagnée ont privé la France de huit millions de naissances qui ne sont jamais venues au monde. Le regroupement familial, avec l’immigration légale, les a remplacées par environ huit millions d’immigrés dont l’intégration dans la société française reste largement problématique ;

* la loi Haby a brisé le moule scolaire qui avait, dans le passé, joué un rôle capital pour l’intégration de communautés étrangères ;

* et la loi sur le droit de saisine du Conseil constitutionnel a créé une institution à caractère pseudo-politique qui censure systématiquement tout projet de réforme non conforme à l’idéologie dominante. Et concrètement le Conseil constitutionnel n’a cessé de s’opposer plus ou moins ouvertement à toute politique visant à maîtriser les flux migratoires.

Et l’auteur de conclure : « Il était difficile de faire pire en aussi peu de temps. »

Editions François-Xavier Guibert, 2009

Written by Arnaud de Brienne

29 novembre 2009 at 18 h 00 min

Publié dans Nuisibles

Un non-lieu très diplomatique

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Arrivée en France à l’âge de 14 ans, Lila, Malgache d’origine, se met, pour financer ses études, au service d’une famille originaire comme elle de Madagascar. Victime de séquestration, mauvais traitements, tortures et de viols par les membres de la délicate famille et après quatre années d’enfer, Lila retourne dans son pays d’origine pour y mourir quelques jours plus tard.

Au moment de l’enterrement, la famille de Lila découvre un corps couvert d’ecchymoses et de traces de coups mais rien ne se passe jusqu’à ce qu’un témoin, pris par les remords, ne se décide à témoigner enfin, deux ans et demi après le décès.

Mais les autorités malgaches se sont montrées bien peu coopératives et le couple mis en examen pour séquestration, non assistance à personne en danger, tortures et viol a finalement bénéficié en juillet 2009 d’un non-lieu. Monsieur était sans doute diplomate … Ces pratiques sont assez courantes dans la profession, tout au moins pour les diplomates provenant de contrées à forte tradition esclavagiste. Ah ! les traditions.

Un recours a été déposé devant la chambre de l’instruction, qui décidera dans les semaines à venir si elle rouvre on non l’affaire. Dans l’affirmative, il faudra alors repartir de zéro, et réinterroger tous les témoins. Sinon, il restera la Cour de Cassation, puis la Cour européenne des droits de l’Homme. Des années de procédures amplement suffisantes pour laisser aux coupables le temps de retourner d’où ils viennent, en toute quiétude, pour y finir leurs jours.

On n’ose imaginer le tintamarre médiatique (justifié) qui s’en serait suivi si les tortionnaires se trouvaient être vous ou moi… C’eût été les honneurs ou plutôt le déshonneur, en l’occurrence, du journal de TF1 aux heures de grande écoute, France Info en boucle, RTL , Libération et tutti quanti.

Maigre consolation, il restera quand même un livre-témoignage : »Lila, être esclave en France, et en mourir« , aux éditions Fayard.

Written by Arnaud de Brienne

27 novembre 2009 at 5 h 00 min

Publié dans Douce France...

La pensée du jour

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« Je crois que je n’ai plus qu’un seul message à vous faire passer, et au-delà de vous, à tous les jeunes et les étudiants français : « sortez couverts !« .

La pasionaria de la capote possède-t-elle des actions dans le latex ? A vérifier. On pourrait se le demander car notre penseuse poursuit : « Mon engagement est de donner à tous les étudiants de France un accès à des préservatifs les moins chers possibles« .

Son « seul message » et son « ambition », selon ses propres termes, se résument donc à inonder la France de capotes à petit prix.

Voici donc de nobles aspirations et des objectifs excitants, si je peux me permettre. A moins qu’elle ne prépare sa reconversion en qualité de VRP en parapharmacie.

Written by Arnaud de Brienne

26 novembre 2009 at 5 h 42 min

Publié dans La pensée du jour

L’avertissement de Thomas Jefferson

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« Je pense que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que des armées entières prêtes au combat.

Si le peuple américain permet un jour que des banques privées contrôlent leur monnaie, les banques et toutes les institutions qui fleuriront autour des banques priveront les gens de toute possession, d’abord par l’inflation, ensuite par la récession, jusqu’au jour où leurs enfants se réveilleront, sans maison et sans toit, sur la terre que leurs parents ont conquis. »

Thomas Jefferson (1743-1826)

Written by Arnaud de Brienne

23 novembre 2009 at 5 h 00 min

Les dangers de Fesse-Bouc

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L’article qui suit explique comment Facebook vend, en toute légalité, la vie privée de ses utilisateurs qui ont signé, pour pouvoir utiliser ce réseau, un certain nombre de conditions d’utilisation inimaginables.

J’ai déjà, sur ce même blog, publié un article sur les liens avérés entre Facebook et la CIA. Sans parler, mais c’est presque moins grave, des incidences professionnelles que peut entrainer une communication un peu trop débridée sur ce média.

On sait, en effet, qu’aujourd’hui tout DRH ou consultant en recrutement scrute les réseaux sociaux à la recherche d’informations sur les candidats à l’embauche. Un certain nombre d’indices ainsi collectés explique bien souvent, sans que le candidat n’en sache jamais rien, le refus de certaines candidatures. Ce peut être un manque de retenue ou la vulgarité, la légèreté, la manque de culture générale, des amitiés avec un salarié de la concurrence ou tout simplement le type d’amis affichés, des photos désavantageuses ou des dizaines d’autres indices jugés défavorables par le recruteur. Donc, prudence.

Comment Facebook vend votre vie privée

Facebook est sans aucun doute un formidable outil de communication : savoir avec qui sort un vieil ami, connaître les participants à tel événement, partager ses goûts musicaux ou ses opinions politiques. C’est précisément cette abondance d’information sur la vie quotidienne des utilisateurs qui fait de Facebook une mine d’or pour les annonceurs. En effet, malgré toutes les qualités qu’il faut reconnaître au site, Facebook ne se gêne pas de vendre votre vie privée !

Pour vous épargner la lecture fastidieuse des conditions d’utilisation et de la politique de confidentialité, voilà quelques extraits choisis :

“Lorsque vous vous connectez sur Facebook, nous enregistrons le type de votre navigateur et votre adresse IP. Ces informations sont collectées pour tous les visiteurs de Facebook. De plus, nous stockons certaines informations de votre navigateur en utilisant des cookies.”

Les cookies sont des informations conservées par votre navigateur qui permettent par exemple de charger une page consultée souvent plus rapidement ou d’enregistrer votre mot de passe. Facebook utilise donc les cookies pour connaître avec précision votre utilisation du site et mieux cibler les publicités.

“Facebook peut utiliser les données de votre profil sans vous identifier en tant qu’individu vis-à-vis des tiers. Ces données nous permettent notamment d’estimer le nombre de gens au sein de votre réseau qui aiment tel morceau de musique ou tel film, ou encore en vue de personnaliser les publicités et promotions que nous vous proposons sur Facebook. (…) Les publicités qui apparaissent sur Facebook sont souvent diffusées directement aux utilisateurs par des annonceurs tiers. Dans ce cas, ils reçoivent automatiquement votre adresse IP. Ces annonceurs tiers peuvent aussi télécharger des cookies vers votre ordinateur ou utiliser d’autres technologies come JavaScript et les « balises Web » (aussi connues sous le nom de 1×1 gifs) pour évaluer l’efficacité de leurs publicités et personnaliser leurs contenus”.

Toutes les informations que vous mettez sur Facebook permettent donc aux annonceurs de proposer des publicités ciblées, par exemple en fonction du sexe, de l’orientation sexuelle, de l’âge, du lieu de résidence, des opinions politiques ou religieuses, du niveau d’études, des emplois occupés, etc.

“Nous nous réservons le droit d’exploiter des informations vous concernant et provenant d’autres sources, tels que journaux, blogs, services de messagerie instantanée, développeurs de la plate-forme Facebook, utilisateurs de Facebook, pour compléter votre profil”.

Eh oui, Facebook peut vous suivre partout !

“En publiant un Contenu utilisateur sur tout ou partie du Site, vous concédez expressément à la Société (…) d’utiliser, copier, représenter, diffuser, reformater, traduire, extraire (en tout ou partie) et distribuer ce Contenu utilisateur, à des fins commerciales, publicitaires ou autres, sur le Site ou en relation avec le Site (ou dans le cadre de sa promotion), (…)  et d’en concéder des sous-licences des éléments cités.”

Cette petite phrase au langage très juridique veut simplement dire que TOUT  ce que vous publiez sur Facebook appartient à Facebook, qui peut en faire ce qu’il veut !

Beacon Ads

Last but not least, Facebook a provoqué un tollé avec son application “Beacon Ads”. Le dernier logiciel publicitaire de Facebook en date permet à des sites Internet intégrant un script de Facebook d’envoyer des informations sur les actions d’un membre de Facebook sur leur site (un achat, un jeu, etc.) aux amis Facebook de ce membre, dans leur« newsfeed », ou de mettre ces informations dans son journal sur sa page personnelle. En d’autres termes, les utilisateurs peuvent savoir ce que leurs amis ont acheté sur le web. Avec ce système les utilisateurs font eux-mêmes et malgré eux de la publicité pour toutes sortes de produits ! Fallait le faire quand même…Face à la controverse que “Beacon” a créée, il est désormais possible de désactiver cette “option” dans les paramètres de confidentialité.

Alors, toujours fan de Facebook ?

Relevé sur : facebook-danger.com

Written by Arnaud de Brienne

22 novembre 2009 at 5 h 01 min

Publié dans Big Brother

Vers un effondrement économique mondial

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Un rapport de 68 pages remis par la Société Générale évoque sans ambiguité l’hypothèse d’un effondrement économique mondial.

Selon  lui, les fameux plans de relance économique ne risquent pas de relancer grand chose puisqu’ils ne font que transférer les dettes du secteur privé au secteur public, c’est-à-dire, mais ce n’est pas vraiment une information nouvelle, que ce sont les citoyens et notamment les classes moyennes qui paieront les manigances des banquiers internationaux.

Le rapport juge également le niveau de la dette publique insoutenable à plus ou moins long terme et il semble même qu’un point de non retour ait été atteint en la matière. Le vieillissement des populations occidentales est aussi souligné comme difficulté supplémentaire et frein à l’effacement de la dette.

Ce qui nous attend, selon ce rapport ? Une nouvelle chute des marchés, la reprise d’une inflation élevée et un effondrement du dollar. On imagine la suite : appauvrissement, montée des mécontentements, précarité, révoltes sporadiques et, éventuellement embrasement général.

Ajoutons, et ce n’est évidemment pas le rapport qui le souligne, que les classes politiciennes corrompues et soucieuses de leur seules prébendes et petites carrières n’ont rien anticipé, rien géré et se sont à peu près, avec une constance qui laisse pantois, trompé sur tout, nous entrainant dans les impasses que le plus grand nombre de nos concitoyens ne découvre qu’aujourd’hui. Le Système est à bout de souffle et risque à tout moment de s’effondrer tel un château de cartes.

Pour celles et ceux qui sont dotées d’un solide moral, je recommande la lecture ou la relecture de « La convergence des catastrophes » par Guillaume Corvus. L’auteur y prévoyait la convergence de « lignes dramaturgiques »(économie, immigration, terrorisme, écologie…) qui toutes mènent à des ruptures en chaînes, un véritable chaos, devant survenir entre 2010 et 2020. Nous y sommes presque. Il ne s’agit évidemment pas de l’exercice de voyance d’un quelconque illuminé mais de l’analyse rationnelle des grands enjeux contemporains et de leur absence totale de traitement par ceux qui sont censés nous gouverner. Les conséquences dramatiques qu’expose l’auteur ne représentent donc que les conséquences logiques et déductibles de cette incurie.

L’ouvrage a été écrit en 2004 et édité dans l’indifférence générale et le silence épais des médias. Raison de plus pour se le procurer s’il est encore disponible. J’en donnerai ici-même quelques extraits.

Written by Arnaud de Brienne

21 novembre 2009 at 5 h 00 min

Publié dans mondialisation

AZF : affaire classée (pour le moment)

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L’explosion survenue dans un stockage de nitrate d’ammonium de l’usine AZF de Toulouse a donné lieu à des prises de positions très diverses et souvent surprenantes.
On ne peut pas aborder sereinement la genèse de cet accident sans analyser au préalable les conditions dans lesquelles ce produit peut exploser, ni sans rappeler les connaissances scientifiques et techniques essentielles en matière d’explosion.

1/ Rappel succinct sur les explosions et les explosifs

Une explosion est une réaction très brutale, exothermique, avec formation d’un volume de gaz important et chaud.
Ce peut être une réaction entre un comburant et un combustible, par exemple air + propane, chlore + hydrogène, nitrate de potassium + charbon de bois et soufre (poudre noire), chlorate + matière organique, aluminium + air ou O2 (dans ce cas il n’y a pas formation de gaz, mais l’effet thermique est très important), etc.…
Ce peut être aussi une substance qui se décompose brutalement sous l’effet d’une énergie d’amorçage : TNT, tous les explosifs solides ou liquides (nitroglycérine etc.…), diverses substances thermodynamiquement instables.

2/ Déflagration et détonation

La réaction peut avoir deux régimes qui se distinguent par leur vitesse de propagation :
• déflagration : vitesse inférieure à la vitesse du son (300 m.s-1),
• détonation : vitesse supérieure à 1 000 m.s-1.

Les deux phénomènes peuvent s’observer avec une même substance selon les conditions dans lesquelles la réaction est initiée et se propage. Par exemple, un mélange air-propane ou air-hydrogène allumé avec une faible énergie, en milieu non confiné, déflagre ; le même mélange amorcé avec une forte énergie, ou encore confiné, ou en écoulement turbulant, peut détoner.

Selon les conditions, on peut passer d’un régime à l’autre. Il en est de même avec les explosifs condensés : on peut faire brûler de la tolite, avec une vitesse, certes très grande, mais selon un régime déflagrant ; la même quantité peut détoner sur l’effet d’un détonateur d’énergie convenable.
Les poudres propulsives utilisées dans les canons ou les roquettes déflagrent. Mais convenablement amorcées elles peuvent aussi détoner.

L’effet des deux régimes est différent à courte distance :
• la déflagration n’agit que par simple surpression : effet de souffle,
• la détonation a un effet brisant.

Le profil des ondes de surpression diffère par la durée de la montée en pression et la valeur maximale de celle-ci ; les deux surpressions sont suivies par une dépression d’amplitude bien plus faible, mais de durée plus longue.

3/ Sensibilité des explosifs

En matière de sécurité, la principale caractéristique d’une substance ou d’un mélange explosif est l’énergie d’amorçage nécessaire pour initier soit la déflagration soit la détonation.
Cette énergie peut être très variable :
• un très faible frottement pour certaines substances très sensibles,
• un choc mécanique (nitrures, fulminates, etc.),
• une élévation de température,
• un amorçage par un autre explosif,
• une étincelle,
• etc.…

Dans l’utilisation des explosifs on utilise une amorce contenant un explosif sensible en très faible quantité pour initier la détonation, puis un ou deux explosifs relais entre cette amorce et l’explosif principal. Le nitrate d’ammonium est la moins sensible des substances explosives, ce qui en autorise l’utilisation par le grand public comme engrais par exemple.

4/ Cas du nitrate d’ammonium

Le nitrate d’ammonium peut intervenir dans des explosions de deux façons :
• soit comme comburant s’il est mélangé à une substance combustible : hydrocarbure (exemple : gasole), poudre d’aluminium, soufre, autre explosif. Ce sont les explosifs industriels dits « nitratés » utilisés dans les mines, carrières, travaux publics, travaux agricoles, etc… également dans des actions terroristes (nitrate fuel). Les explosifs nitratés, comme tous les explosifs classiques ne peuvent détoner que s’ils sont amorcés par un détonateur de puissance suffisante.
• soit seul comme substance intrinsèquement explosive ; convenablement amorcé le nitrate d’ammonium peut se décomposer de façon explosive en dégageant de l’énergie et des gaz. Il dégage 1 580 kJ/kg contre 2 500 à 6 000 kJ/kg pour les explosifs classiques. C’est donc un explosif peu puissant.

Contrairement à la plupart des autres explosifs il est insensible aux frottements et aux chocs mécaniques les plus violents ; s’il y a explosion au choc elle ne concerne que la partie soumise directement à l’impact sans transmission au reste de la matière. Il n’est pas sensible à l’impact des balles de fusil.
En cas d’échauffement, il faut atteindre des températures voisines de 400°C pour observer une explosion en cas de confinement du produit.

5/ Explosions industrielles ayant mis en cause le nitrate d’ammonium

Le nitrate d’ammonium est un des produits chimiques qui a été le plus fabriqué au cours du XXème siècle, essentiellement pour son usage agricole. Il a été produit, stocké, transporté dans les conditions les plus diverses, y compris dans des pays peu développés où la sécurité est peu rigoureuse. Le retour d’expérience est donc particulièrement significatif.

On a observé des échauffements qui se traduisent par des émissions de vapeurs nitreuses rousses bien caractéristiques. Ces phénomènes sont lents ; on les maîtrise par surveillance de la température au moyen de cannes pyrométriques enfoncées dans la masse et par arrosage et injection d’eau. Ces échauffements sont dus à une décomposition lente et faiblement exothermique, ce qui entraîne la propagation, mais sans effet d’explosion.

Les explosions qui ont eu lieu étaient de deux types :
• incendie dans un stockage confiné, avec au voisinage des matières combustibles et des difficultés pour utiliser des moyens d’extinction : ce fut notamment le cas en 1949 lors de l’explosion de 2 cargos l’un à Texas City, l’autre à Brest. L’explosion n’a eu lieu, dans les deux cas, que plusieurs heures après le début de l’incendie.
• utilisation d’explosifs pour émietter le produit pris en masse. Par suite de phénomènes hygroscopiques, le nitrate d’ammonium s’agglomère. Son usage étant saisonnier, on est obligé de le stocker. Comme il est difficile et onéreux de l’émietter au pic, on a eu l’idée de le désagréger avec des explosifs.

C’est ainsi que se sont produites de dramatiques explosions :
o 26/07/1921 – Kriewald (Silésie) wagon de 30 T – 19 morts,
o 21/09/1921 – Oppau (près de Ludvigshafen) 4 500 T – plus de 500 morts, 1 900 blessés,
o 29/04/1942 – Tessenderloo (Belgique) 150 T – environ 100 morts, dans ce dernier cas, on avait l’habitude de désagréger du chlorure de potassium à l’explosif. Le jour de l’accident, quelqu’un a cru pouvoir utiliser la même technique pour du nitrate d’ammonium pris en masse dans un silo voisin.
o 04/10/1918 – Morgan (New Jersey)
o 05/08/1940 &endash; Miramas (France).

Dans ces deux accidents, du nitrate d’ammonium a détoné parce que des incendies voisins ont projeté dans la matière des obus explosifs qui ont initié la détonation en explosant.

Dans tous les cas où se sont produites des explosions de nitrate d’ammonium, sans incendie préalable, il y a eu amorçage par un explosif classique. Pour plus de détails on consultera l’ouvrage de Louis Médard « Les explosifs occasionnels » – Lavoisier – Tec et Doc.

6/ Cas de l’explosion du dépôt de Toulouse

Il est clair qu’aucun événement préalable ne s’est manifesté ; c’était en plein jour, un jour ouvrable donc à un moment où le personnel est normalement présent ; aucun incendie ou dégagement de vapeurs nitreuses rousses n’ont été signalés par des témoins. Ce serait la première fois dans l’histoire longue d’un produit fabriqué en très grande quantité, d’usage très répandu, dans beaucoup de pays, souvent peu scrupuleux vis-à-vis de la sécurité, qu’un stockage de nitrate d’ammonium exploserait spontanément.

Tous ceux qui ont eu à enquêter après des explosions de cette importance, laissant un vaste cratère, savent combien il est difficile de trouver des preuves quant aux circonstances qui ont conduit à la détonation (les images de dégâts transmises par la télévision montrent qu’il s’agissait de détonation). Ceci est d’autant plus difficile concernant un stockage que l’on ne dispose pas, comme dans le cas des procédés, d’enregistrements donnant des évolutions de paramètres.

On ne peut qu’admirer la lucidité des personnalités qui, à peine deux heures après l’événement, étaient en mesure d’affirmer qu’une action volontaire était à exclure et qu’il s’agissait presque certainement d’un accident industriel.

Au fil des jours, on en a trouvé des « pistes », toutes plus farfelues les unes que les autres et sans preuve ou justification pour conforter cette hypothèse : atelier poubelle, gestion lamentable, fermentation, effet compost, sol en terre battue ou revêtu de bitume, infiltration, présence d’obus ou de bombes non explosées dans le sol, présence d’un choulleur (schuler pour les médias), fuite d’acide sulfurique neutralisée à la soude et à la chaux, etc.…

Curieusement des témoignages du personnel assurant de la propreté des lieux, de la rotation fréquente du stock qui laissait les lieux vides et nets (il s’agissait de produits hors normes retraités ailleurs) ont reçu une diffusion très restreinte de la part des médias.

Ayant eu, il y a quelques années, à examiner un dépôt voisin de celui qui a explosé, nous n’avions noté aucun manque de rigueur dans sa gestion. Par ailleurs personne n’a relevé qu’il n’y a pas eu d’effet domino dans les autres ateliers malgré la violence de l’explosion, ni dans les usines voisines où se trouvaient pourtant des quantités importantes de produits dangereux comme de l’ammoniac, du phosgène, etc.… ; ceci montre que les dispositifs de sécurité, en particulier d’isolement des stockages de substances dangereuses, ont parfaitement fonctionné, malgré l’image désastreuse que certains ont donnée.

Il a été dit par les autorités qu’aucune hypothèse n’était rejetée ; cependant une information a été ouverte « … pour violation manifestement délibérée d’une obligation de sécurité ou de prudence », ce qui exclut l’acte volontaire ou le terrorisme.

Cependant cette dernière hypothèse est beaucoup plus vraisemblable qu’un accident industriel que personne n’a pu justifier par des preuves sérieuses.

En effet, il était très facile d’introduire des cartouches d’explosifs dans l’usine dans des effets ou objets personnels, ou par projection au-dessus des clôtures. A défaut, il suffisait de verser quelques litres de gasole dans le tas de nitrate pour disposer d’un explosif. L’introduction de détonateurs (de la taille d’une cigarette) et d’une mèche ou d’un allumeur électrique est non moins aisée. Un tir de lance roquette depuis l’extérieur de l’usine était très facile : des témoins ont vu un éclair horizontal au-dessus de la route nationale qui longe l’usine, juste avant l’explosion. Ce genre de témoignage mérite d’être pris en considération car il ne s’invente pas. La charge creuse tirée par un lance roquette capable de percer des blindages dégage une énergie suffisante pour initier la détonation du nitrate.

L’hypothèse d’un attentat ou d’un acte de malveillance est beaucoup plus plausible que tous les arguments fantaisistes mis en avant pour justifier l’accident industriel. Il est bien plus facile de faire exploser un tas de nitrate d’ammonium que de projeter un avion de ligne contre un gratte-ciel.

Si l’on prend en compte le contexte international, l’attentat est également plausible, dix jours après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis :
• médiatiquement c’est une forme d’attentat qui a un très fort impact : proximité d’une grande ville (c’est le mieux placé, de ce point de vue, des dépôts de nitrate d’ammonium en France),
• contexte d’une banlieue difficile (le Mirail),
• policier condamné quelque temps auparavant de façon insuffisante aux yeux de certains voyous après la mort d’un voleur de voiture,
• etc.…

L’obstination avec laquelle on a rejeté la thèse de l’attentat ferait-elle apparaître un nouveau type d’accident : l’accident politiquement correct ?

7/ Considérations sur le voisinage de l’usine

L’usine AZF a été édifiée vers 1924 sur le site de la poudrerie de Toulouse construite au cours de la première guerre mondiale, dans un espace dégagé, au bord de la Garonne, avec une desserte par voie ferrée et à une distance raisonnable de la ville pour le logement du personnel (l’effectif était considérable à la fin de la guerre). Cette poudrerie fabriquait des poudres mais pas d’explosifs.

Après la guerre, au titre des réparations, l’Allemagne a fourni une usine d’ammoniac de synthèse et d’acide nitrique dont la gestion fut confiée à l’ONIA (Office National des Industries de l’Azote). Les terrains de la poudrerie étant devenus très excédentaires, une partie en a été cédée à l’ONIA en 1924.

Comme toutes les poudreries, elle disposait d’un polygone d’isolement dans lequel les constructions étaient réglementées pour limiter les dommages en cas d’accident. Sous la pression de l’urbanisation et des hommes politiques, il a été très difficile de maintenir cette disposition dans toute sa rigueur.

Il est paradoxal de voir ceux-là mêmes qui ont fait pression pour déroger aux règlements du polygone d’isolement, s’insurger contre le fait que des industries dangereuses soient implantées au milieu des zones résidentielles.

D’une façon générale, les usines dangereuses ont été installées bien avant que l’urbanisation ne les encercle. Il serait bon de ne pas inverser les responsabilités.

Roger GROLLIER BARON
Ingénieur en Chef de l’Armement ER (branche Poudres et Explosifs)
Expert Judiciaire (H) Cour d’Appel de Lyon. Agréé par la Cour de Cassation (incendies et explosions)
Délégué Régional Rhône-Alpes de l’IEC

(article publié le 2 janvier 2009)

Written by Arnaud de Brienne

19 novembre 2009 at 22 h 00 min

Publié dans Révisions