Le blog d'Arnaud de Brienne

Petits antidotes contre la pensée unique et pour la prévention du Sida mental

Qui faisait « la chose » avec Denis Gautier-Sauvagnac ?

Jusqu’au bout, Denis Gautier-Sauvagnac qui comparaissait devant le tribunal correctionnel de Paris, le mercredi 10 octobre dernier pour abus de confiance et travail dissimulé aura tu les noms des heureux bénéficiaires des largesses de l’Union des Industries et des Métiers de la Métallurgie (UIMM) envers des responsables syndicaux de haut niveau. Mais hormis le juge, et encore, quelqu’un souhaitait-il réellement que le prodigue mécène se mette à table et balance les noms des syndicalistes peu scrupuleux ?

Au milieu des années 90, alors qu’il allait recevoir son titre de délégué général de l’UIMM, Denis Gautier-Sauvagnac avait appris l’existence d’une importante caisse noire destinée à « encourager certaines personnes du monde social« , encouragement se limitant dans les faits à la remise discrète d’importantes sommes d’argent en liquide dans des enveloppes ou sans doute des mallettes, selon les sommes en question. Il s’agissait notamment de « fluidifier le dialogue social » comme il a été révélé à l’époque de la révélation du scandale. Qu’en termes galants ces choses là sont dites, alors qu’il ne s’agit ni plus ni moins que de pratiques mafieuses d’extorsions de fonds en échange d’une moindre agitation sociale ou d’une annulation de grève ou l’autre. Cela s’appelle du racket ou, en français, du chantage, si journalistes et hommes politiques ne craignaient pas de nommer les choses pour ce qu’elles sont au lieu de se complaire dans un langage tiédasse à force d’être édulcoré.

Le premier des corrompus que reçut Gautier-Sauvagnac lui lança à brûle-pourpoint : « C’est donc vous, Monsieur, que l’on vient voir désormais pour la chose ».  Rassurez-vous, « la chose », ce n’est pas ce que vous pensez et le sieur Gautier-Sauvagnac ne s’adonnait apparemment point à la bagatelle avec les peu scrupuleux présumés défenseurs des salariés. Point de pieds au mur, ni levrette ou de brouette… Seule la position du Kamasutra dite « l’offrande secrète » pourrait prêter à confusion, mais rassurez-vous il n’en est rien. En fait « la chose » consistait à soulager la bourse de l’UIMM de quelques milliers ou dizaines de milliers d’euros – entre 30 000 et 100 000 euros par semaine, quand même… -, en petites coupures au profit de syndicalistes faisant miroiter en échange un climat social plus serein et la perspective de quelques signatures d’accords concédées à l’issue de simulacres de débats et confrontations. Les interlocuteurs pratiquaient sans doute leurs petites cochonneries dans de discrets bureaux à moins que ce ne soit dans des endroits publics. Sur ces précisions aussi, Gautier-Sauvagnac est demeuré d’une discrétion de violette.

Bourré de scrupules, Denis Gautier-Sauvagnac a déclaré au cours de l’audience : « Je souhaiterais alléger le fardeau de ma conscience qui pèse depuis six ans sur mes épaules. Si je m’en suis abstenu et si je continue à m’en abstenir (de donner des noms.NDLA), c’est pour ne pas impliquer dans cette affaire des organisations qui participent à notre vie sociale, avec le désordre qui en découlerait. Des personnes honorables (sic) seraient ainsi désignées à la vindicte publique. Donner des noms, alors que pendant quinze ans, j’ai travaillé à la paix sociale de notre pays, noué des relations de confiance avec des interlocuteurs de tous bords, ne serait conforme ni à mes traditions, ni à mes valeurs…. « .

Les valeurs de Monsieur Gautier-Sauvagnac se seront quand même élevées à près de 18 millions d’euros retirés en espèces et sans aucun contrôle de qui que ce soit, entre l’année 2000 et 2007 – ce qui représente un fameux nombre de valises ! – au profit de ses indélicats correspondants.

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Written by Arnaud de Brienne

13 octobre 2013 à 13 h 23 min

Publié dans Grandes âmes, politique, social

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