Le blog d'Arnaud de Brienne

Petits antidotes contre la pensée unique et pour la prévention du Sida mental

Les socialistes dans la Collaboration

Socialistes_collaborationA lire et relire en ces temps de bienpensance quasi-généralisée. On sait depuis bien longtemps qu’amalgamer droite avec fascisme et national-socialisme procède d’une insupportable manipulation maintenue au forceps depuis près de soixante-dix ans mais contraire aux travaux des historiens les plus intègres. Plusieurs livres ont fort heureusement remis les pendules à l’heure, rappelant au passage qu’Hitler n’avait jamais été un homme classé à droite et que Mussolini débuta sa carrière au Parti socialiste.

Par ailleurs, si l’on admet l’existence d’une gauche collaborationniste, on s’efforce en général d’en sous-estimer l’importance. Une légende tenace veut que le collaborationnisme ait été d’abord et surtout un phénomène de droite. Pourtant, ce sont des hommes de gauche qui, les premiers, se sont ralliés à la Collaboration, de façon spontanée et sans états d’âme, à un moment où la plupart des hommes de droite, pétris de maurrassisme, hésitaient encore sur la conduite à tenir.

Comment des disciples de Jean Jaurès qui avaient milité avant la guerre à la ligue des droits de l’homme ou au Comité de vigilance des intellectuels antifascistes, ont-ils pu devenir les hérauts du « nouvel ordre européen » ? Le traumatisme de la Grande Guerre et le pacifisme n’expliquent pas tout : par ses réussites sociales, l’Allemagne hitlérienne a fasciné bon nombre de déçus du Front populaire. Claude Jamet, l’un des moins exaltés de ces collaborationnistes de gauche, écrivait en 1942 : « Dans le national-socialisme, après tout, il y a du socialisme ; il y a peut-être le Socialisme. »

Éditeur, Librairie nationale, 2008, 208 pages

Publicités

Written by Arnaud de Brienne

6 avril 2014 à 20 h 39 min

%d blogueurs aiment cette page :