Le blog d'Arnaud de Brienne

Petits antidotes contre la pensée unique et pour la prévention du Sida mental

La Marche des lemmings

La marche des lemuriens

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Comme chaque année, à l’occasion de l’été, Boulevard Voltaire offre des extraits de livres. Cette semaine, La Marche des lemmings, de Serge Federbusch.

Hollande, l’incompris

Au moment où se produisirent les massacres qui nous préoccupent, le septième président que les électeurs ont donné à la France végétait dans un cul-de-basse-fosse politique. Il avait touché un plancher historique de popularité. Honni à l’extrême droite et à droite, méprisé par les centristes, vilipendé par les gauchistes, il voyait même le cœur de son électorat socialiste se détacher de lui.

Les raisons de ce désamour profond sont bien connues de tous ceux qui s’intéressent à la politique. […] Pour résumer la situation, on peut dire qu’Hollande est l’illustration parfaite du fameux théorème de Lincoln selon lequel on peut mentir tout le temps à une personne et une fois à tout le monde mais pas tout le temps à tout le monde. Hollande a un recours systématique au double langage qui va bien plus loin que la rouerie ordinaire du politicien. La duplicité est chez lui comme un code génétique. Il prend un plaisir évident à dresser ses adversaires et concurrents les uns contre les autres et à égarer l’opinion. Les moments les plus jouissifs, ce sont les conférences de presse où il nourrit les poissons-journalistes qui tournent dans un bocal.

Le premier exercice de ce type qui suivit les attentats, début février 2015, fut un sommet du genre : pas une question ou presque sur le déficit budgétaire qui continue de se creuser ou sur le chômage qui poursuit sa hausse sans fléchir ; pas une relance si la réponse présidentielle était vaseuse. Tous ces sujets désagréables furent occultés par les roulements de mécanique sur la situation post-Charlie Hebdo.

Les baisses d’impôt ou de dépenses publiques qui ne sont en réalité que des hausses ralenties, l’inversion de la courbe du chômage renvoyée à un horizon toujours fuyant et à des emplois subventionnés, la croissance continue des déficits et de la dette, la soumission à Berlin avec comme seule tactique un jeu dangereux sur le risque d’explosion de l’euro pour obliger les Allemands à garantir nos dettes : les problèmes les plus prégnants de la France furent largement occultés durant cette conférence.

Contrairement aux précédentes rencontres, les thèmes abordés et leur ordre furent du reste strictement définis par l’Élysée sans que la presse ne proteste. Le traumatisme de la rue Nicolas-Appert justifiait bien cette autocensure. Merci Charlie !

Des insuffisances et roueries de François Hollande, les Français ont pourtant, depuis plus d’un an, une claire conscience. Même si certains éléments techniques leur échappent, ils ressentent par les acouphènes du bon sens que le bonimenteur présidentiel se moque d’eux. […]

C’est donc un président aux abois médiatiques qui va troquer début 2015 son scooter pour une planche de surf et tenter de glisser sur le sang des massacres, plus exactement sur celui commis rue Nicolas-Appert et boulevard Richard-Lenoir, car Hollande fut nettement moins présent sur le lieu du carnage du supermarché casher.

Serge Federbusch

Boulevard Voltaire

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Written by Arnaud de Brienne

29 juillet 2015 à 21 h 10 min

Publié dans Livres

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