La nouvelle série occidentale de « Fake news » est destinée aux attardés mentaux

par Valentin Vasilescu.

Ce n’est plus un secret que les médias occidentaux pilotés par le Pentagone mènent depuis plusieurs mois une intense opération psychologique de propagande de guerre (PsyOps). Ils essayaient de convaincre le public d’une invasion de l’Ukraine que la Russie n’a pas commise. Le ton est donné par la presse américaine contrôlée par le Pentagone, qui ne présente que des photos satellites, qu’elle commente au mépris des notions les plus élémentaires de la science militaire. Et l’information est automatiquement reprise en copier/coller par les médias satellites européens de l’OTAN.

Sauf que toutes ces « fake news » témoignent non seulement d’un manque flagrant de professionnalisme, mais aussi d’une volonté de désinformation, étayée par un manque sidérant de culture générale.

Il existe plusieurs types de « fake news » en rapport avec ces photos satellites.

La plus banale de ces « fake news » est celle des « idiots utiles » et concerne l’incapacité des journalistes occidentaux à comprendre que le Pentagone les empoisonne délibérément avec de fausses informations.

Par exemple, une image satellite d’équipements militaires massés dans un entrepôt à Klimovo, en Russie, le 19 janvier 2022 (source : RadioFreeEurope, RadioLiberty).

Au sud de la ville de Klimovo se trouve une base aérienne russe, utilisée comme aérodrome de réserve, qui dispose d’un dépôt de munitions et de matériel d’aviation. L’image satellite capture exactement ces installations de la base aérienne autour desquelles il n’y a pas de traces et de roues fraîches, signe qu’il n’y a pas d’activité à cet endroit.

Cependant, les « Fake news » les plus courantes sont celles qui sont adoptées de manière opportuniste par des rédactions composées de journalistes « fonctionnellement analphabètes« . C’est dans cette catégorie que se situent les « informations » au sujet des VBCI russes stationnés à Yelnya, en Russie, le 19 janvier 2022 (photo à la une). En guise de comparaison, pourquoi ces journalistes ne considèrent-ils pas que le territoire de la Russie est menacé par la force opérationnelle ukrainienne (100 000 soldats) concentrée sur le front du Donbass, non pas à 260 km mais à 40-60 km de la frontière russe ? En appliquant la même logique boiteuse de RadioFreeEurope, Radio Liberty, l’on pourrait considérer que, depuis sa propre caserne à Besançon, la 7e brigade blindée française menacerait également le Commandement européen des États-Unis (EUCOM) à Stuttgart, en Allemagne, situé à peu près à la même distance (260 km). Comme sur la photo à la une, on ne voit pas de traces fraîches ni de traces de roues sur le sol enneigé, il n’y a aucune présence militaire, humaine ou animale sur la photo, l’équipement de combat n’est pas déneigé, aucun moteur de véhicule ne tourne, aucune fumée ne sort d’aucune tente, alors que les cuisines de campagne sont censées fonctionner sans interruption. Tout cela est illogique et sans vie pour un camp militaire en pleine préparation d’une invasion. C’est le signe le plus clair qu’il n’y a pas d’activité à cet endroit.

Je crois aussi que les commentaires qui accompagnent cette « fake news » témoignent d’une inversion de la logique la plus élémentaire. Le chroniqueur américain de Forbes, M. David Axe, devrait peut-être recevoir le prix Pulitzer pour sa « découverte extraordinaire » que l’hiver n’est pas comme l’été.

« Les militaires russes stationnés à la frontière ukrainienne vivent sous des tentes malgré le froid et la neige. Cela affecte leur santé et sape leur moral, tandis que les militaires ukrainiens de la 1ère brigade de chars vivent dans leurs appartements permanents et s’entraînent sur le même terrain que celui sur lequel ils pourraient avoir à combattre ».

L’esprit conscient est logique, il a la capacité de comparer, d’analyser et de distinguer le vrai du faux. Seulement, à l’instar des systèmes d’exploitation des ordinateurs, la partie responsable de l’activité consciente de l’esprit humain ne représente que 8 à 10% de l’action totale du cerveau. C’est sur cela, et sur la succession rapide des « fake news », que s’appuient les experts en désinformation. Comment pouvons-nous démanteler les fausses informations telles que l’imagerie satellitaire ?

Image satellite du camp de regroupement des équipements de combat russes à Rechytsa, le 9 janvier 2022. Rechytsa est situé dans la région de Gomel en Biélorussie, à 55 km de la frontière ukrainienne (source : RadioFreeEurope, Radio Liberty).

Image satellite des troupes et du soutien logistique au nord-ouest de Yelsk le 4 février 2022. Yelsk se trouve dans la région de Gomel en Biélorussie, à 20 km de la frontière avec l’Ukraine (source : RadioFreeEurope, Radio Liberty).

Nous constatons que les deux images satellites capturent les préparatifs de l’exercice militaire russo-biélorusse « Allied Resolve 2022 », prévu du 10 au 20 février 2022 en Biélorussie. Le matériel de combat est déneigé, on ne voit pas de véhicules couverts de neige, comme ils le seraient s’ils étaient stationnés depuis des semaines ou des mois. Dans et autour du périmètre de rassemblement, il y a de multiples traces de roues sur la neige, indiquant des manœuvres de véhicules.

La société Rusbal RPC, basée à Moscou, est l’une des dizaines de sociétés avec lesquelles le ministère russe de la défense collabore pour l’une des principales mesures de sécurité au combat : le camouflage. Elle produit des maquettes gonflables en caoutchouc qui imitent toutes les catégories d’armes de l’arsenal de l’armée russe. Qu’il s’agisse de lance-roquettes mobiles, de chars, d’avions (avec imitation de la surface de réflexion radar d’origine), d’hélicoptères, de VBCI (Véhicules blindés de combat d’infanterie), d’APC (Véhicule blindé de transport de troupes), de pièces d’artillerie, de tentes et d’éléments de chargement de troupes, etc.

Le système éducatif et social occidental, formé au cours des deux dernières décennies autour de la glorification de l’idiot plutôt que de l’humain intelligent et responsable, a produit une minorité de personnes obéissantes et à la recherche de tuteurs protecteurs pour le reste de leur vie. Ils sont facilement manipulables mais incapables de prendre leurs propres décisions. Ce sont des personnes prêtes uniquement à être dirigées.

En conclusion.

Voici donc le profil du public cible que le Pentagone tente de convaincre par cette opération de propagande de guerre psychologique (PsyOps) menée à travers les médias occidentaux. Mais je doute que, par le biais de ces opérations psychologiques si mal conçues, le Pentagone puisse forcer un conflit armé entre la Russie et l’Ukraine.

Valentin Vasilescu

traduction Avic pour Réseau International

illustration : Image satellite de VBCI (Véhicules blindés de combat d’infanterie) russes stationnés à Yelnya, en Russie, le 19 janvier 2022. Yelnya est situé au nord-ouest de la région russe de Smolensk, à environ 260 km de la frontière ukrainienne (source : RadioFreeEurope, RadioLiberty, financé par le Congrès américain).