Troubles menstruels post-vaccination : l’Agence française du médicament nie les évidences

Les troubles menstruels font partie des effets indésirables des vaccins contre le Covid-19. Ils ont été signalés par de très nombreuses femmes et ils se manifestent généralement après la première ou la seconde dose de rappel. De nouveau, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) continue à nier les évidences sur les troubles menstruels post-vaccination. L’Agence a réuni les professionnels de santé et représentants des associations de patients pour expliquer la conduite à tenir. Non pas pour faire la vérité mais pour limiter l’impact d’informations non désirées.

 

Les effets secondaires des vaccins Covid-19 commencent à ne plus pouvoir être camouflés. Depuis quelques mois, des milliers de cas de troubles menstruels qui surviennent après la vaccination ont été signalés. Après avoir mené une étude, l’ANSM a pourtant annoncé qu’il n’y avait pas de lien direct entre les vaccins et ces effets secondaires. Encore un triste exemple du déni de réalité d’une agence nationale prise dans un réseau sanitaire mondial qui a perdu son autonomie à l’industrie pharmaceutique.

Les détails concernant ces troubles menstruels

Fin 2021, l’ANSM avait rendu public les résultats de ses études. Elle avait annoncé que les données réunies jusqu’à présent ne pêrmettaient pas de prouver l’existence d’un lien direct entre les vaccins et les troubles menstruels.

De nouveau l’ANSM a réuni les associations de patients et les professionnels de santé. Ces échanges ont permis d’identifier différents troubles menstruels comme les ménorragies ou ménométrorragies, l’aménorrhée de longue durée, les douleurs abdominales et  les douleurs pelviennes intenses chez de nombreuses femmes vaccinées après la première injection ou la dose de rappel.

Chez les femmes qui souffrent d’endométriose, la vaccination a provoqué l’apparition des symptômes douloureux. Pourtant, lors de cette rencontre on a répété que la maladie est bien traitée et contrôlée. Chez les femmes en ménopause, des saignements anormaux ont été constatés après l’injection des vaccins contre le Covid-19.

Les professionnels de santé présents lors de cette réunion organisée par l’ANSM ont indiqué que dans la plupart des cas, les symptômes étaient modérés et ils ont disparu de façon spontanée. Pourtant, chez certaines femmes, notamment chez les ménopausées, les saignements anormaux étaient abondants et ont duré longtemps. Du coup, les victimes ont dû subir une hystérectomie. Ces cas graves sont rares selon les experts de santé et il est encore difficile d’expliquer leur cause.

En ce qui concerne le taux d’incidence, les centres régionaux de pharmacovigilance (CPRV) ont annoncé le 28 avril 2022 que sur les 58 millions d’individus tous sexes confondus ayant reçu le vaccin Cominarty de Pfizer, on a recensé 9.381 femmes victimes des troubles menstruels mentionnés précédemment. Sur les 12 millions d’individus ayant reçu le vaccin Spikevax de Moderna, 1.557 femmes seraient concernés par ces effets secondaires.

Etant donné que l’on est dans du déclaratif, d’une part, et, d’autre part, que ce sujet touche à l’intimité des femmes, la sous-déclaration est quasi-certaine.

Les conclusions des experts et les mesures à adopter

Au mois de juin 2022, le comité de pharmacovigilance (PRAC) de l’Agence européenne des médicaments (EMA) a rendu ses premières conclusions. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la mesure du problème n’est pas vraiment prise. le Comité a déclaré que les données disponibles ne permettent pas de prouver que les cas d’aménorrhées sont réellement liés aux vaccins à ARNm de Pfizer et Moderna. En ce qui concerne les saignements anormaux, une poursuite des analyses serait encore nécessaire.

S’il est encore impossible d’établir un lien direct irréfutable entre les vaccins ARNm et les troubles mensuels signalés, le PRAC ne pousse-t-il pas de façon inappropriée dans la direction opposée? Le Comité a établi certaines hypothèses. À titre d’exemple, la réactogénicité déclenchée par la vaccination pourrait avoir modifié le fonctionnement des hormones féminines qui régulent le cycle menstruel.

Sinon, ces perturbations peuvent aussi avoir pour cause le stress ou l’anxiété causée par la pandémie ou le fait de se faire vacciner. Enfin, ils peuvent aussi avoir d’autres causes comme une maladie gynécologique, un traitement contraceptif ou une grossesse.

A noter qu’une étude intitulée « Impact of Stress on Menstrual Cyclicity During the Covid-19 Pandemic : A Survey Study », publiée en septembre 2021, avait déjà mis en évidence l’impact de la Covid-19 sur la santé mentale, le cycle menstruel et la santé reproductive. Mais est-on encore dans les suites du COVID? Ou s’agit-il de quelque chose de beaucoup plus grave, spécifique à certains des vaccins anti-COVID?

Si les professionnels de la santé ont  indiqué que les cas de troubles mensuels signalés après vaccination sont des « évènements non graves, de courte durée et spontanément résolutifs », l’ANSM se rend bien compte qu’elle ne peut pas avoir une ligne purement “Circulez, il n’y a rien à voir”. Elle recommande aux professionnels d’adopter certaines mesures face aux cas de troubles menstruels post-vaccination. Si la patiente suit un traitement hormonal, il faut vérifier l’absence de vomissements ou de mauvaise observance qui peut provoquer une interruption de la prise des médicaments.

En cas d’absence de traitement hormonal, il est nécessaire de vérifier la gravité du symptôme, l’absence de grossesse ou autres facteurs comme maladie sous-jacente. Enfin, en cas d’effets indésirables graves, il est primordial de les signaler au ministère chargé de la Santé.

Après l’administration de vaccin, nos autorités sanitaires nous répètent que, dans la plupart des cas, ce serait des problèmes bénins et passagers, on est étonné qu’aucun principe de précaution ne soit respecté.

Même quand le cycle menstruel redevient normal au bout de quelques jours ou quelques semaines, est-on sûr que ces perturbations du cycle ne soient pas les symptômes de troubles organiques plus graves? À ce jour, on ignore les conséquences sur les adolescentes ou les enjeux de fécondité.

Le Courrier des Stratèges

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