L’Ordre des Médecins va-t-il sanctionner le Pr Perronne ?

Le 13 septembre, le Professeur Christian Perronne, un des experts les plus en vue de l’opposition au narratif et aux mesures anti-Covid, devra se rendre devant la chambre disciplinaire du Conseil régional de l’Ordre des Médecins d’Île-de-France(1).

Il est convoqué en raison de ses propos sur la gestion de la crise sanitaire par les autorités(2). Il est l’un des rares « pontes » de la médecine à avoir dénoncé la politique des masques, questionné la pertinence et la fiabilité des tests Covid, ou encore à s’être indigné du lobbying intensif des laboratoires(3) .

Pour ses prises de position, le Professeur Perronne risque de se faire sanctionner voire radier de la profession.

Un expert réputé des infections et des vaccins

Le Pr Perronne a été responsable la politique vaccinale de la région Europe pour l‘Organisation Mondiale de la Santé. Collaborateur de l’Institut Pasteur, il a présidé la Fédération française d’infectiologie, ainsi que des groupes de travail à l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM)(4). Il a travaillé pour le Haut Conseil de la santé publique, etc(5)…

Chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches, il a été démis fin 2020 de ses fonctions après la parution de son premier livre (best seller), Y a-t-il une erreur qu’ils n’ont pas commise ? Accusé, sans pouvoir donner son point de vue, par l’Express de répandre des «contre-vérités et assertions complotistes», il a été interdit d’antenne par le CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel).

Sa qualité de grosse pointure dans le domaine vaccinal et épidémiologique l’a conduit à s’opposer vivement au gouvernement dans sa gestion du Covid et sa politique de vaccination massive.

Une pétition pour la dissolution du Conseil de l’Ordre des Médecins

Une pétition en ligne, lancée pour soutenir le professeur, avait déjà recueilli près de 150’000 signatures le 4 septembre.

Les auteurs de cette initiative demandent rien de moins que la dissolution du Conseil national de l’Ordre des Médecins:

«Que serions-nous sans l’intervention des professionnels de santé qui osent élever la voix contre les dérives du système quand tant d’autres se couchent par carriérisme ou par peur de rétorsions ? En convoquant le Pr Perronne, le Conseil de l’Ordre des Médecins démontre une nouvelle fois qu’il est une “machine politique” aux ordres du ministre de la Santé.

«Le Conseil de l’Ordre ferait mieux de s’occuper de la corruption et des conflits d’intérêts»

«Son but : réprimer la dissidence, tuer la liberté d’expression, imposer ses vues aux soignants. Le Conseil de l’Ordre n’a-t-il pas mieux à faire ? Ne devrait-il pas s’inquiéter de la corruption de plus en plus généralisée dans le monde de la Santé (6,7)? Ne devrait-il pas demander des comptes aux médecins liés aux laboratoires pharmaceutiques? En particulier à ceux qui défilent depuis maintenant deux ans sur les plateaux de télévision pour faire la promotion des vaccins anti-Covid mais qui omettent de déclarer leurs liens d’intérêts avec les laboratoires pharmaceutiques (8,9,10,11)?», demandent les pétitionnaires qui qualifient l’Ordre d’«organe totalitaire» ou de « Conseil aux ordres » du pouvoir.

Rapport accablant de la Cour des comptes

Pour justifier leur demande, les auteurs de la pétitions citent un rapport de la Cour des comptes de décembre 2019 (12) relevant une série de « manquements »:

– un contrôle insuffisant de l’exercice de la profession et de la déontologie
– une absence de contrôle de l’actualisation des compétences des médecins
– un contrôle hétérogène des contrats entre médecins et industriels
– une faible implication de l’Ordre des Médecins dans l’accès aux soins
– divers problèmes de gouvernances et défaillances de gestion.

Le rapport soulève notamment trois dysfonctionnements graves:

1) L’indulgence dont bénéficient les médecins à qui des patient(e)s reprochent des abus sexuels (pages 104 à 108 du rapport). Malgré les signalements allant jusqu’à des condamnations au pénal, on ne constate AUCUNE sanction de la part de l’Ordre en lui-même(13).

2) Des arrangements obscurs entre les médecins et les laboratoires pharmaceutiques. Aucun rappel à l’ordre n’a été émis par le conseil de l’ordre concernant les conventions entre les fabricants de médicaments et les prescripteurs, constate la Cour (page 33 du rapport).

3) Les fonds dédiés à l’aide aux médecins en difficulté attribués majoritairement aux conseillers ordinaux (soit les dirigeants du Conseil de l’Ordre) ou au président national lui-même, qui aurait touché jusqu’à 10 000€ par mois (pages 15 et 16 du rapport) alors qu’il est censé exercer sa fonction bénévolement.

Autre exemple de « pensée unique » relevé par la pétition:

Les pressions exercées depuis le 1er décembre 2016 sur le professeur Henri Joyeux (chirurgien cancérologue), pour ses positions concernant la politique vaccinale en France. Un véritable feuilleton judiciaire qui dure depuis plus de cinq ans et dont le but est de radier cette autre forte tête (14).

Sources :

[1] https://putsch.media/20220810/actualites/societe/video-le-professeur-perronne-convoque-par-le-conseil-regional-de-lordre-des-medecins-ses-soutiens-appellent-a-le-soutenir/
[2] https://lemediaen442.fr/le-pr-christian-perronne-devant-la-chambre-disciplinaire-du-conseil-regional-de-lordre-des-medecins/
[3] Y a-t-il une erreur qu’ILS n’ont pas commise ?, Professeur Christian Perronne, Albin Michel
[4] Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé
[5] https://fr.wikipedia.org/wiki/Christian_Perronne
[6] Patricia J Garcia, Corruption in global health, Volume 394, issue 10214, p2119-2124, december 2019, https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(19)32527-9/fulltext
[7] https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/la-corruption-dans-le-monde-a-progresse-avec-la-crise-sanitaire-du-covid-19-selon-transparency-international_4274093.html
[8] https://www.transparence.sante.gouv.fr/pages/accueil/
[9] https://factuel.afp.com/les-liens-linterets-entre-labos-et-medecins-le-soupcon-permanent
[10] https://www.marianne.net/economie/economie-francaise/covid-19-conflit-dinterets-reforme-des-retraites-laudition-genante-de-mckinsey-au-senat
[11] https://www.lefigaro.fr/politique/covid-19-inquiets-de-possibles-conflits-d-interets-sept-parlementaires-pressent-veran-de-lancer-une-enquete-20210112
[12] https://www.vie-publique.fr/sites/default/files/rapport/pdf/272231.pdf
[13] Par exemple, l’affaire du chirurgien Joël Le Scouarnec, condamné par la justice en décembre 2020 pour viols et agressions sexuelles sur mineurs, mais aucunement inquiété par l’Ordre. https://www.lepoint.fr/justice/affaire-le-scouarnec-l-introuvable-sanction-disciplinaire-28-08-2019-2332206_2386.php#
[14] Le professeur Henri Joyeux, un habitué des polémiques médicales | Le Huffington Post LIFE

Covidhub.ch